Roch Marc Christian KABORE et son régime bafouent la liberté d’expression au Burkina Faso

« Nous avons pensé que notre Nation avait besoin d’un silence où on va puiser nos forces morales afin de faire en sorte que nous puissions dignement enterrer nos soldats. Cette restriction est strictement liée à cela… ».
Ces propos sont de Ousseni Tamboura, ministre de la Communication et des Relations avec le Parlement au cours de la conférence de presse du gouvernement sur la situation du convoi militaire français bloqué au Burkina Faso.
Cette explication est tendancieuse et insultante vis-à-vis de la mémoire des soldats tombés qu’on prend maladroitement comme prétexte. Cette explication est aussi un mensonge vu que le gouvernement a décidé de prolonger de quatre jours supplémentaires la coupure de l’internet mobile.
C’est une décision d’autant plus absurde qu’elle va jeter des milliers de burkinabè dans la précarité en les privant d’un outil de travail essentiel. En les privant du droit fondamental d’accessibilité à l’internet, le gouvernement est ainsi en train de réunir les conditions pour radicaliser davantage même des citoyens qui jusque étaient dans l’expectative.
On ne peut pas traiter tout un pays avec autant de mépris, le même mépris qui fait perdurer la fermeture des frontières terrestres, et s’attendre à une situation apaisée, quand ce sont les plus vulnérables qui payent un lourd tribut. Et c’est sans doute ce genre de décisions malveillantes qui ont conduit à affamer des gendarmes burkinabè et facilité leur massacre par des combattants terroristes à Inata.
Dans un éditorial sur la situation sécuritaire du pays, Jean Emmanuel Ouedraogo, le directeur de la télévision nationale RTB/Télé atteste que « les Burkinabè sont en colère, une colère légitime. … Cette colère légitime des Burkinabè s’est exprimé et continue de s’exprimer dans la rue, sur les réseaux sociaux et dans bien d’autres tribunes, des citoyens excédés, désabusés et qui semblent avoir perdu confiance. »
Le journaliste a assuré que face au constat des dysfonctionnements, concernant les mesures annoncées et promises, « les termes, le temps et la nature de la réaction ne sont pas en phase avec la gravité, l’urgence, et la profondeur du problème. »
De toute évidence, ce n’est pas en cassant le thermomètre qu’on fera baisser la fièvre et ce n’est pas en muselant la population en train d’exprimer une colère légitime qu’on résoudra ses problèmes existentiels.
En tout état de cause, chaque citoyen burkinabè est fondé d’exiger le rétablissement sans délai de la connexion internet mobile et l’arrêt de toutes les mesures contraires à la pleine jouissance des libertés individuelles et collectives au Burkina Faso.
S’abonner
Notifier de
0 Commentaires
Inline Feedbacks
View all comments